Petites pensées et expériences désordonnées

Art – Vie associative – Cuisine – Futilités – Petits états d'âme

La Compagnie au Coin du Cercle (12 et 19 février / 5 mars)

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De retour en Belgique, et bien décidé à profiter du Vrak festival (qui se déroule du 4 au 7 février), je me permets tout de même de garder un œil (plus ou moins) attentif sur l’actualité française. Je vous renvoie notamment vers les pages de Mouvement.net où un modeste article rédigé par mes soins présente La Compagnie au Coin du Cercle , jeune compagnie parisienne qui présentera son troisième spectacle, intitulé Est-ce ainsi que les Hommes s’aiment…?, le 12 février à la Salle Jacques Brel de Champs-sur-Marne, le 19 février au Manège de Givet, puis le 5 mars à Bordeaux (Léognan).

A.D

Rédigé par anthonidominguez

5 février, 2010 à 2:18

A la recherche d’un lieu

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Le 2 novembre 2009, le Ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité Nationale et du Développement Solidaire a ouvert un site dédié au brûlant « débat » portant sur la notion d’identité nationale. Alors que l’énigme ne cesse de provoquer polémiques et d’attirer, à la télé comme dans les journaux, faiseurs de morale et autres spécialistes autoproclamés, ledit « débat » s’enlise, et ce n’est pas vraiment une surprise, dans les marécages souvent nauséabonds de la question de la place de l’islam en France, à travers elle, de l’immigration. Les français ont été invités à réfléchir sur les composantes d’une éventuelle identité, hypothétiquement partagée de tous, et dissertent pourtant en hors-sujet. Zéro pointé.

Le fantasme d’une culture nationale – j’emploie ici le terme de fantasme car l’impossibilité manifeste d’élucider l’interrogation témoigne bien du caractère irraisonné de cette croyance – semble donc trouver racine dans la peur, savamment entretenue, d’une religion souvent résumée aux faits d’armes tragiques qu’une poignée de meurtriers commettent en son nom. Ce n’est pas nouveau, il suffit de se promener sur les forums et autres espaces Internet pour constater que beaucoup font l’amalgame entre terroristes islamistes, musulmans, arabes, maghrébins, mélangeant tour à tour la question du voile, de la burqa, des minarets, des mosquées, des relations entre l’Algérie et la France, etc. Au cœur du débat, les citoyens semblent invités à devoir faire un choix quant à la place d’une religion (et de ses pratiquants), identifiée comme « non-autochtone », au sein de la polis. C’est le combat du pour et du contre, le combat des faiseurs de morale de tous bords qui ne manqueront pas d’invoquer la démocratie, l’Humanisme, la philosophie des Lumières, la laïcité ou encore le frontispice des mairies françaises, pour justifier leurs propos, usant leur salive si bien qu’il n’en restera plus pour réinventer le quotidien, pour réinventer le monde. Ici, la distance qui sépare morale et critique, confort et déséquilibre, aridité et création.

La question de l’identité, vue par le prisme de la mondialisation, n’est pas nouvelle. Elle est même régulièrement interrogée par les artistes, philosophes, écrivains et penseurs depuis une cinquantaine d’année. Quand on lit sur le site identiténationale.fr le nombre de commentaires affirmant que le débat est aujourd’hui rendu impossible par une conspiration-journalistico-médiatico-gauchiste-post-soixante-huitarde, on se demande à quoi ont servi ces quelques décennies de recherches, expérimentations et tentatives désespérées de créer, justement, des espaces de réflexion et de discussion plutôt que des espaces d’entêtement et d’affrontement.

Sommes-nous le résultat de l’histoire qui a façonné le pays auquel nous participons ? La somme de l’intégralité des faits qui ont écrit cette histoire ? L’histoire que l’on nous enseigne, en étant nécessairement partielle et soumise au bon vouloir de ceux qui l’écrivent, engage-t-elle une identité objective ou relève-t-elle du fantasme ? Ces interrogations paraissent vaines à l’heure d’une mondialisation qui a pour principal effet de renforcer les communautarismes et autres replis sur soi. Actuellement, le vin a tourné au vinaigre dans l’hexagone, et l’ensemble des français – ce qui inclut les politiques et les médias – résume l’équation à un affrontement confus entre identité et immigration, termes et concepts qui ne sont pourtant pas antinomiques. Qui plus est, et autant que je sache, il n’y a que la « mort » qui se qualifie par son contraire : « Cessation de la vie« , définition dont il faudrait prendre note tant elle se fait triste métaphore de la situation présente.

Et si l’identité, c’était tenter de définir une dynamique qui veut se partager au pluriel, en se basant sur un principe de compagnonnage critique ? Si l’identité était cela, l’individu n’irait pas de ses manuels d’écolier, de ses croyances, de ses porte-paroles, ni de ses fantasmes pour justifier qu’il vit là. L’identité se déplace constamment, elle n’est pas donnée mais se construit au présent. Il s’agit d’une origine en cours, la recherche d’un espace à venir, un lieu que le temps a oublié.

A.D

Ici, un soupçon d’identité nationale

Georges Brassens, La ballade des gens qui sont nés quelque part, 1972


Rédigé par anthonidominguez

8 décembre, 2009 à 5:00

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Ecrire sans impératif

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Le 20 novembre 2009

Bonjour à tous,

Après un an et demi d’absence sur cet espace – que j’ai ouvert avec grand enthousiasme – me voici fin prêt à reprendre du service. En effet, comme vous avez pu le constater, je n’ai pas beaucoup écrit en 2009. Je ne vous cache pas que le fait de travailler en freelance comporte ses avantages et ses inconvénients, tout particulièrement lorsque l’on œuvre dans la presse dite « spécialisée ». Tout d’abord, et quoi que l’on en dise : la situation géographique.

Lorsque je vivais à Paris et réalisais mon stage de fins d’études à la rédaction de la revue Mouvement, j’avais tous les jours le choix parmi une grande variété d’événements auxquels les collaborateurs de la rédaction sont régulièrement conviés. Les boîtes mail sont saturées, les bureaux croulent sous des montagnes de dossiers de presse et autres invitations… Autant dire que le présent, toujours arrogant, n’attend pas pour exercer son diktat. Si l’on s’en tient à une vision journalistique, c’est-à-dire une approche dépendant d’une actualité, actualité que l’on fait, qui se fait et qui nous fait en même temps (c’est pourquoi j’emploie ici le terme d’« événement »), il y a énormément à dire, énormément à faire. Une grande partie, peut-être la moitié des dits événements, concerne Paris, et pour ceux qui voyagent par la suite (pièces de théâtre, chorégraphies, expositions, performances, etc), on bénéficie du luxe bicéphale de la commodité d’accès et de la réactivité, soit, être parmi les premiers sur l’information, à la limite du scoop (dire « j’y étais », il n’y a rien de plus« classe » en termes de communication, et ce n’est pas notre cher Président de la République qui me contredira, quand bien même il n’y était pas).

Dans le cas où il faut quitter Paris pour aller chercher l’actualité hors les murs, le journaliste dispose parfois de voyages de presse organisés, ce qui lui permet notamment de se déplacer sans dépenser un kopeck. J’évoque l’aspect financier car aucun freelancer de la presse spécialisée en art contemporain ne vit, à ma connaissance, de cette seule activité. Il faut dire que le lectorat est relativement restreint par rapport aux autres familles de presse. Lorsque l’on considère le prix des transports en France comme celui de l’hébergement, il semble difficile, pour un seul article, de faire l’aller-retour Montpellier-Rennes et d’en sortir bénéficiaire. Je rappelle cela car je suis né en région toulousaine, or, le Midi ne regorge pas d’événements artistiques de grande qualité. Comme il n’y a pas de voyage de presse au départ de Toulouse, il est difficile, sur le plan économique, de se déplacer pour telle ou telle exposition. Il y a bien des lieux et institutions incontournables pour la seule ville rose : je pense au merveilleux Théâtre Garonne dans lequel j’élirais volontiers domicile, au festival C’est de la Danse Contemporaine, au Lieu Commun, aux Siestes Électroniques, ou encore, à la librairie Ombres Blanches, pour son savoir-faire et la rigueur intellectuelle qui en ont fait une véritable institution, mais cela suffit-il ? Un journaliste-hors-les-murs, ou provincial, peut porter son attention, comme cela, sur quelques lieux ou institutions « autochtones », mais cela ne revient-il pas à s’en faire publicitaire sur le long terme, ou chargé de communication officieux, et malgré lui, d’une paroisse quelconque, quand bien même on y adhère ? N’est-ce pas transformer un espace d’expression en vitrine  malgré soi ? Dans quelle mesure la densité de l’offre culturelle peut-elle mettre à mal l’indépendance intellectuelle et rédactionnelle du critique d’art ?

L’avantage du critique sur le journaliste, c’est qu’il peut échapper aux impératifs de l’actualité, et du présent de manière plus générale, en les détournant. Le critique évoque ses sujets quelle qu’en soit la temporalité, pourvu que sa pensée soit résolument tournée vers la société qui lui est contemporaine. Il n’entend pas restituer ou décrire le réel, au contraire, il double, triple, épaissit, opacifie, ajoute des filtres, dévie les sujets pour construire une pensée ouverte. Il ne s’agit pas d’éclaircir le discours mais de lui offrir une multiplicité de points de fuite. Il considère l’encre, la ligne, le tracé, le mot, la phrase, le texte, le style, la marge, la page, le livre, la chaise, la pièce, la société, le monde. Il peut aussi bien arrêter d’écrire. Je ne sais pas ce que signifie « être critique d’art »dans la mesure où la transformation de la figure du critique au début des années quatre-vingt a rendu floue la question du statut. Quand on me demande quel métier j’exerce – soit, comment je le qualifie – je réponds : « je ne sais pas », ou me perds en explications confuses. Quoi qu’il en soit, je n’ai presque plus écrit durant un an et demi. Je n’ai pas envie que cela se transforme en impératif, je n’ai pas envie d’écrire « parce qu’il le faut ». Je veux écrire parce que je suis ému, bouleversé, frustré, remonté, parce que je sens quelque chose de vague gronder dans mon estomac, quelque chose de primitif que le langage viendra torturer et mettre en forme pour le faire voyager, d’un lecteur à l’autre, d’une perception à l’autre.

J’ai quitté le sud de la France il y a deux semaines pour venir m’établir à Bruxelles, pour rejoindre des amis, des collaborateurs, des inconnus. J’ai quitté ce soleil arrogant qui se suffit souvent à lui-même comme on quitte la douce chaleur de son lit, pour aller dehors, là où il fait froid d’abord, là où l’on rencontre le monde.

En parlant de rencontre, hier soir, j’ai rencontré Caroline Champion, une jeune artiste qui travaille le goût (sur/avec/par/dans/pour), et qui a su ouvrir un champ de pratiques et de recherches qui m’a semblé pertinent, vaste, vivant. J’ai ressenti de nouveau le besoin de m’exprimer, après une conversation fort intéressante portant sur les nombreux aspects qui traversent la question, en apparence simple, du/des goûts, aussi, de la nourriture (ses enjeux sociaux, le rapport entre le regard et le goût, l’évocation – ou la représentation – chaleureuse du foyer à l’heure de la cuisine biomoléculaire, la cuisine du spectacle, froide, déshumanisée, aseptisée, et bien d’autres sujets encore). Elle interroge un ensemble de pratiques expérimenté de tous, du moins, un sens qui intensifie à l’heure actuelle sa présence dans les sphères quotidiennes et médiatiques. Je pense évoquer ses recherches d’ici peu. Au demeurant, je ne savais pas quand l’envie et le besoin de me réapproprier cet espace allaient se manifester de nouveau, ils me consumaient mais restaient coincés en travers de la gorge. C’est chose faite, ils sont passés hier par mon palais et par ma langue.

Je ne me suis pas levé ce matin, il fallait écrire ici et maintenant pour ne rien perdre de ces sensations et petites pensées, désordonnées, comme toujours. Comme il est l’heure de manger, je quitte la douce chaleur de mon lit, pour aller dehors, là où il fait froid d’abord, là où l’on rencontre le monde.

A très bientôt.

A.D

Rédigé par anthonidominguez

20 novembre, 2009 à 3:01

Comedy!

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Je glisse ici un lien qui vous amènera vers un site dédié à l’animation japonaise, plus précisément, vers un court métrage animé, réalisé par Rika Hatageta, qui s’intitule Comedy! . Il a été co-produit par les studios 4°C à qui l’on doit les excellents Mind Game et Amer Beton (Tekkonkinkreet).

Ce téléchargement est tout à fait légal, bien entendu (pas de licence acquise en France).

http://www.sky-animes.com/index.php?file=Download&op=categorie&cat=116

A bientôt.

Anthoni Dominguez.

Rédigé par anthonidominguez

3 juillet, 2008 à 6:40

Caroline Breton and friends à Avignon

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Petit coup de projecteur sur Caroline Breton, jeune artiste française que j’ai eu l’occasion de suivre sur ses deux dernières performances à Paris (dont une rapportée via Mouvement.net), à l’occasion d’une exposition collective.

A bientôt.

Anthoni Dominguez.

Rédigé par anthonidominguez

2 juillet, 2008 à 11:21

Histoire d’une pierre lancée

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Le 1er juin, alors que je me trouvais à Lisbonne à l’occasion du festival d’Alkantara, j’ai eu le plaisir d’assister à Throwing Rocks, une performance réalisée par Franziska Aigner et Gabriel Schenker. Projet de fin d’études pour ces deux élèves de PARTS, la création a su soulever la problématique d’un corps qui peine à témoigner de la réalité du vivant, de son rapport à l’être et à l’environnement qui l’enveloppe.

Alors que les performers des années soixante ont tenté de rapprocher l’art de la vie en plaçant le corps humain au centre des pratiques artistiques (pensons à Ann Halprin, Allan Kaprow, Gutai, les Actionnistes viennois, etc), les années quatre-vingt dix ont marqué, en quelque sorte, la fin d’une croyance systématique en ce pouvoir absolu de présence. De Jérôme Bel à Meg Stuart, d’Alain Buffard à Gisèle Vienne, le corps est régulièrement présenté, en ce début de siècle, comme un outil interrogatif de ses propres limites, de ses propres insuffisances à manifester la vie par sa seule mise en scène. Suffit-il d’être vivant pour manifester la réalité de la vie? L’environnement et le contexte, en ce qu’ils agissent sur nous-mêmes, ne participent-ils pas également de cet état de vie ? Proposition d’une clarté manifeste, Throwing Rocks, performance réalisée par Franziska Aigner et Gabriel Schenker, tente de développer un raisonnement connexe que l’on pourrait écrire de la sorte : je suis la conscience de moi-même ainsi que mon environnement.

Divisée en quatre tableaux, l’action met en scène des corps dont le visage, premier véhicule de l’identité, est la plupart du temps caché, invisible, inscrivant d’entrée de jeu le spectateur dans une relation forte à la matérialité corporelle. Le propos s’attache tout d’abord à montrer combien le corps est modelé par les mouvements intentionnels, les ordres qu’on lui assigne. En effet, Francizka Aigner, postée en grand écart, le buste en avant et nous tournant le dos, actionne les muscles de ses jambes de manière isolée au son d’un solo de batterie. Ces « impulsions » multiples, soulignées par une bande son qui leur procure une meilleure lisibilité, sont autant de métaphores de la volonté ambigüe de l’Homme à se définir alors même qu’il se cherche (essayer de s’identifier, de se définir, est en effet une part constituante de l’identité même). Ainsi, ce corps prend forme selon que la performer lui ordonne d’activer tel ou tel membre, témoignant de la grande maîtrise et conscience que l’être humain peut acquérir sur sa propre matière. Entre les différents tableaux qui composent l’œuvre, les lumières s’éteignent systématiquement avant que les performers ne bougent, autre témoin de cette volonté de dépersonnalisation, laquelle oriente le public vers une grille de lecture ancrée dans la chair, non dans l’être (ils tentent de gommer, de tamiser au maximum tout repère ostensible de personnalité).

La pierre est réellement jetée dans le second tableau. Ce dernier présente les performers sous la forme d’une boule, un amas de matière comprimée, alors qu’ils entament un parcours aléatoire en roulant selon la gravité, les tensions, les impulsions ainsi la précarité des équilibres. Cette mise en confrontation de la volonté face à l’environnement, ainsi qu’à l’autre, amène la question de l’identification sur le plan de la dénégation, un rapport tout à fait politique, sinon : comment se modèle l’identité dans le déni de l’autre (et ce n’est certainement pas un hasard si la performance a été réalisée, notamment, sous le coaching de Xavier Le Roy)? Le tableau qui suit, s’il est un peu plus faible que les autres, ne constitue pas moins une transition relativement fluide vers un point final des plus intéressants, notamment en ce qu’il reprend la forme de la première partie et le processus de la seconde. En effet, les deux performers sont maintenant côte a côte, jambes écartées, ils nous tournent le dos et leurs pieds se touchent. Alors qu’ils entament de nouveau ce travail sur le muscle comme « individualité », comme membre (qui est nécessairement élément d’un « tout », du moins d’un total), ils font osciller la perception entre l’appréhension de l’ensemble et une tentative désespérée qui nous place face a deux entités distinctes qui ne s’accorderont jamais. Ils ne sont ne seront jamais un en dépit de leur volonté à constituer une globalité. Rapprochement de la distance focale, glissement, depuis l’extérieur de la pierre en son sein, la performance s’achève par une vidéo présentant tour à tour Francizka Aigner et Gabriel Schenker dans une boite, laquelle est manipulée depuis l’extérieur. La camera embarquée, figée, donne à voir des corps pétrifies a ceci près que certains membres entrent en action par jeu de gravite. Que ce soit le sexe de l’un, la poitrine de l’autre, ou même leurs cheveux, la motricité des éléments corporels se détache de l’intentionnalité pour subir les lois de l’attraction, de l’environnement, hissant la problématique de l’identification au-delà de l’aspect politique précédemment évoqué, sinon, le rapport politique que nous entretenons plus ou moins consciemment avec le contexte qui nous enveloppe.

Proposition d’un système ouvert, Throwing Rocks participe de ce questionnement de ce qu’est l’identité face aux relations sociales ainsi qu’à l’environnement. Déclinaison des propositions formulées par des personnes telles que Xavier Le Roy ou Jérôme Bel (« Quelle est l’importance de la représentation pour chacun? Quel processus est en place dans chaque représentation? Identification, distanciation, dénégation. J’aimerais insister, rendre conscientes ces données. »), la performance interroge l’identification par le biais de l’auto citation, du déni, ainsi que de la perte et de l’absence de contrôle. Ce type de recherche, attaché à une préoccupation de localisation, participe de cette volonté de nombreux artistes contemporains à dresser une cartographie de “l’humanité de l’Homme”. Le mérite de Throwing Rocks est de s’inscrire dans cette réflexion autour de la notion de définition, ainsi que des processus que l’on active pour l’atteindre. La désacralisation d’un corps qui n’arrive pas à présenter le réel n’est en rien un fatalisme, Franziska Aigner et Gabriel Schenker le démontrent avec une proposition riche et problématique qui n’en demeure pas moins d’une grande lisibilité, d’un enthousiasme et d’une curiosité manifestes.

Anthoni Dominguez

Rédigé par anthonidominguez

26 juin, 2008 à 4:55

Julie Desprairies aux Champs Libres

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Bonjour à tous,

Le 16 mai dernier, j’étais convié à Rennes par la chorégraphe Julie Desprairies et les Champs Libres, afin d’assister aux répétitions du nouveau spectacle de cette habituée des projets alliant danse et architecture (intitulé Printemps). Voici le lien vers l’article que rédigé à cette occasion, en espérant que certains d’entre vous seront présents pour la représentation les 3, 4 et 5 juillet, dans le cadre des Tombées de la Nuit.

http://www.mouvement.net/site.php?rub=2&id=6a324be5f03249ef

A bientôt!

Anthoni D.

Rédigé par anthonidominguez

19 juin, 2008 à 12:41

Au plaisir de la chute…

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Il était temps que j’essaie de rassembler l’ensemble de mes travaux, filiations, contacts, et autres insignifiants états d’âme sur le net.

Je ferai en sorte d’actualiser ces pages de manière relativement continue et informelle, rarement pertinente, car il s’agit avant tout de créer une autre forme de matériaux de base qui, je l’espère, pourra servir d’une manière ou d’une autre… Et puis, si cela ne servait strictement à rien, nous pourrions toujours dire qu’il constitue un espace futile de plus, de ceux qui rendent souvent le vie plus simple, parfois plus drôle et souvent si agréable.

Le blog est un outil intéressant en ce qu’il permet d’actualiser avec une certaine rapidité un bon nombre d’informations quotidiennes. Cependant, il n’en constitue pas moins un espace immatériel de représentation, un récit impalpable, une histoire sans chair…. Les amateurs d’histoires sauront vous dire combien la voix, les gestes, les accents et intonations du conteur importent. Qu’il s’agisse d’évènements, de discussions, de beaux endroits ou autres belles rencontres, je pense que nous serons nombreux à nous accorder sur le fait qu’il est préférable d’aller les chercher, plutôt que d’attendre qu’on nous les livre, ou qu’on nous les rapporte, sur le dernier rempart des hautes citadelles virtuelles (blogs et autres Second Life). Tout ceci pourrait par ailleurs se résumer à cette si jolie phrase de Christian Bobin :

« Ce qui fait évènement, c’est ce qui est vivant, et ce qui est vivant, c’est ce qui ne se protège pas de sa perte« 

Pour une pratique quotidienne de la chair et de la chute…

A très bientôt.

Anthoni Dominguez.